
L'historien
Avocat, journaliste, homme d'Etat, Adolphe Thiers
(1797-1877) est aussi un grand historien. Dans sa jeunesse, il écrit une Histoire
de la Révolution française. Beaucoup plus tard, sous le Second Empire, son Histoire
du Consulat et de l'Empire le fait saluer comme "historien
national". Homme politique parmi les plus influents du XIXème siècle, son
histoire personnelle se confond souvent avec celle de la France, et son destin
le mène à Versailles, particulièrement dans les époques troublées.
L'homme politique
Thiers entre très tôt en politique. Lors de la
révolution de 1830, c'est lui qui persuade Louis- Philippe d'Orléans,
scrupuleux et hésitant, de prendre le pouvoir. Plusieurs fois ministre, il
professe des idées libérales avancées tout en appliquant des méthodes de
gouvernement autoritaires. En 1840, sa politique trop hardie engage
Louis-Philippe à se séparer de son "petit ministre". Déçu par la
monarchie, il devient républicain, accueille favorablement la révolution de
1848, soutient la candidature à la Présidence de Louis-Napoléon, neveu de
Napoléon Ier, puis dénonce le coup d'état par lequel celui-ci devient
l'empereur Napoléon III. Durant les dix-huit années du Second Empire
(1852-1870), il demeurera dans l'opposition et, notamment, fera tout pour
empêcher une guerre hasardeuse contre la Prusse.
La proclamation de l 'Empire allemand
La guerre contre la Prusse aboutit à la défaite de
Sedan (1870) qui entraîne la chute du Second Empire et l'occupation de la
France. Face à ce désastre, Thiers est nommé chef du gouvernement par
l'Assemblée réfugiée à Bordeaux. Le château de Versailles - hôpital pendant la
guerre - sert de résidence au roi de Prusse vainqueur ; c'est dans la Galerie
des Glaces qu'est proclamé l'Empire allemand (janvier 1871). Thiers y négocie
la paix avec Bismarck.
La répression de la Commune
Contre les conditions de paix trop dures acceptées
par Thiers, et pour voir enfin la Révolution triompher, le peuple de Paris se
soulève : la Commune est proclamée. Thiers quitte Paris pour Versailles ; le
gouvernement s'installe dans le Château et de là, va exercer une très
brutale répression contre les insurgés.
Le premier Président de la IIIème République
A Versailles, Thiers, paré du nouveau titre de
président de la République, joue au monarque. Soutenu par l'Assemblée qui siège
à l'Opéra transformé pour accueillir les séances, il réorganise la France
vaincue : administration, finances, armée. En 1873, une majorité royaliste
l'oblige à se démettre de ses fonctions. Il continue cependant à se rendre à
Versailles, comme député, dans la salle du Congrès construite au centre de
l'aile du Midi (aujourd'hui cadre de l'exposition "Les Grandes heures du
Parlement". Il y connaît son plus beau triomphe en 1877 (l'année même de
sa mort) lorsque Léon Gambetta le proclame "libérateur du
territoire".
Adolphe Thiers 1797-1877 "Chef du pouvoir
exécutif" jusqu'au 31 août 1871, il démissionne après avoir été mis en
minorité par la Chambre à qui il refuse de "faire prévaloir" dans le
gouvernement une politique résolument conservatrice
