

Née dans la misère, Nana est la fille de Gervaise et de Coupeau dont
l'histoire est narrée dans l'Assommoir. Le début du roman nous la montre
dans la gêne, manquant d'argent pour élever son fils Louiset qu'elle a eu à
l'âge de seize ans, faisant des passes pour arrondir ses fins de journées. Ce
qui ne l'empêche pas d'habiter un riche appartement où elle a été installée par
l'un de ses amants. Son ascension commence avec un rôle de Vénus
qu'elle interprète dans un théâtre parisien : elle ne sait ni parler ni chanter,
mais son déhanchement affole tous les hommes, qui rêvent de la posséder. C'est
le cas notamment de Muffat, haut dignitaire de l'Empire, pourtant homme chaste
et d'une grande piété, que Nana ruine et humilie tout au long du roman. Muffat
n'est pas la seule de ses victimes : d'autres sont conduits à la ruine, en
particulier Steiner, se suicident (Georges Hugon, Vandeuvre), volent (Philippe
Hugon), deviennent des escrocs (Vandeuvre). Pourtant Nana est une brave fille,
mais elle fait le mal sans s'en rendre compte, et surtout tous les hommes
l'ennuient.
Elle se met néanmoins un moment en ménage avec un homme qu'elle aime, le
comédien Fontan, un homme violent qui finit par la battre et qu'elle quittera
pour l'actrice Satin, dont elle sera follement amoureuse.
Nana atteint le sommet de sa gloire lors d'un grand prix hippique auquel
assiste Napoléon III et le tout Paris, remporté par une pouliche qui porte son nom. Tout l'hippodrome
crie « Nana », dans un délire tournant à la frénésie. Puis, après avoir peu à
peu rejeté tous ses amants, elle quitte Paris, sans doute pour la Russie. Plus personne ne sait rien d'elle, jusqu'au
moment où elle regagne la capitale et retrouve son fils Louiset. Celui-ci,
atteint de la petite vérole, transmet sa maladie à Nana, qui meurt peu de temps
après dans l'hôtel où elle était descendue