Le héros est Aristide Saccard, frère du ministre Eugène Rougon, qu'on avait déjà vu amasser une fortune colossale dans La Curée. Après une succession de mauvaises affaires, il doit repartir à zéro, mais son ambition est demeurée intacte. Il vend sa luxueuse propriété du parc Monceau afin de régler ses créanciers, puis loue deux étages d'un hôtel où il installe la Banque Universelle, destinée à financer les projets de mise en valeur du Moyen-Orient. Tout est fait pour attirer petits et moyens épargnants, auxquels on promet des gains faciles et rapides. Les communiqués et articles de presse, les rumeurs savamment dosées font s'envoler les titres de la société, et Saccard se retrouve à nouveau au sommet de la gloire et de la puissance. Mais cette puissance boursière, construite sur du sable, est fragile puisque Saccard ne cesse d'achèter ses propres actions afin de gonfler le cours. Par ailleurs, Saccard s'est attiré de solides inimitiés. L'un de ses ennemis, le banquier juif Gundermann, a juré sa perte.

Un jour de 1869, Gundermann, suivi par ses amis, après avoir essayé vainement depuis des mois et sachant les caisses quasiment à sec, décide de lancer une ultime attaque baissière en vendant les actions de la Banque Universelle qu'il possède ou ne possède pas (vente à découvert) : le titre s'effondre, malgré les efforts de Saccard pour le redresser par des achats qui achèvent de le ruiner. Il entraîne dans sa chute tous les épargnants qui lui avaient fait confiance. Dénoncé pour escroquerie, il se retrouve en correctionnelle, où on le condamne à cinq ans de prison. Mais il fait appel, et profite du délai qui lui est laissé pour quitter la France et s'installer aux Pays-Bas.