Jules François Camille Ferry, né le 5 avril 1832 à Saint-Dié et mort le 17 mars 1893 à Paris,

Opposant actif au Second Empire, il connaît la notoriété en publiant en 1868 une brochure accusatrice contre le préfet de la Seine « Les comptes fantastiques d'Haussmann ». Il est élu député républicain de la 6e circonscription de Paris en mai 1869.

Homme politique considéré comme un des pères fondateurs de l'identité républicaine en France.

Le 4 septembre 1870, il devient membre du gouvernement de la Défense Nationale. Maire de Paris du 16 novembre 1870 au 18 mars 1871, il eut la charge d'assurer le ravitaillement de la capitale assiégée par l'armée prussienne. Les restrictions alimentaires qu'il fallut imposer lui valent le surnom de « Ferry Famine ». Pendant l'insurrection de la Commune de Paris, il fuit de la ville dès le premier jour et est un des partisans anticommunards.
Aux élections du 8 février 1871, il se fait élire représentant des Vosges à l'Assemblée nationale et sera réélu député en 1876, siège qu'il conservera jusqu'en 1889.
Il est nommé par
Adolphe Thiers ambassadeur à Athènes (1872-1873). De retour, il devient l'un des chefs de l'opposition républicaine jusqu'à l'élection de Jules Grévy à la présidence.
Nommé ministre de l'Instruction publique du 4 février 1879 au 23 septembre 1880 dans le cabinet Waddington, il attache son nom aux lois scolaires. Ses premières mesures sont :

- collation des grades universitaires retirée à l'enseignement privé (12/03/1880)

- dispersion des congrégations religieuses non autorisées (29/03/1880)

- Président du Conseil du 23 septembre 1880 au 10 novembre 1881, il poursuit la mise en place des lois sur l'enseignement :

- gratuité de l'enseignement primaire (16/06/1881)

- extension aux jeunes filles du bénéfice de l'enseignement secondaire d'État (21/12/1881)

De nouveau ministre de l'Instruction du 31 janvier au 29 juillet 1882 (Ministère Freycinet), il continue son ouvre scolaire :

- loi relative à l'obligation et à la laïcité de l'enseignement (28/03/1882). Cette loi est une suite logique de celle portant sur l'obligation scolaire. Il est à noter que c'est une obligation d'instruction et non de scolarisation, l'art 4 indiquant que l'instruction peut être donnée dans les établissements d'instruction, les écoles publiques ou libres ou dans les familles.

- création d'une École Normale féminine à Sèvres et d'une agrégation féminine 9 août 1879

Parallèlement, Jules Ferry se montre un partisan actif voire zélé de l'expansion coloniale française : Tunisie dont il obtient le protectorat le 12 mai 1881 par le traité du Bardo, Madagascar, il lance l'explorateur Pierre Savorgnan de Brazza à la conquête du Congo, Tonkin. Ce dernier dossier lui sera fatal lors de sa seconde présidence du Conseil commencée le 21 février 1883. Il s'était d'ailleurs réservé le portefeuille des Affaires étrangères. Les conservateurs, comme Adolphe Thiers, sont opposés à la colonisation, qu'ils accusent de détourner hors du territoire les investissements, tandis que les progressistes y sont favorables pour des questions idéalistes. Mais la gauche républicaine de Georges Clemenceau y est opposée également parce que les aventures colonialistes détournent l'attention des provinces perdues d'Alsace et de Lorraine. Les positions s'inverseront diamétralement en trois ou quatre générations.

Ayant obtenu d'un vote de la Chambre les crédits nécessaires à la conquête du Tonkin, il provoque une extension du conflit à la Chine. L'annonce de l'évacuation de Lang Son, qui lui vaudra le surnom de "Ferry Tonkin", déclenche une violente opposition parlementaire et provoque sa chute le 30 mars 1885. Il connaît alors une vague d'impopularité en France.

Lâché par les radicaux, Jules Ferry échoue pour la désignation du Président de la République le 3 décembre 1887. Une semaine plus tard, il est blessé d'un coup de revolver par un boulangiste du nom d'Aubertin. Aux élections législatives du 22 septembre 1889, il est battu par M. Picot, puis président du Sénat le 24 février 1893.

Lorsqu'il meurt le 17 mars 1893, le gouvernement décide de lui faire des funérailles nationales, mais sa famille refuse car le gouvernement et Clemenceau en particulier ont cherché par tous les moyens à discréditer Ferry. Il est inhumé dans le caveau de sa famille à Saint-Dié