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Petit-fils
d'un député qui ne siègera pas lors du procès de Louis XVI et le fils d'un
intendant militaire de Napoléon Ier, Haussmann débutera sa carrière de haut
fonctionnaire en occupant le poste de sous-préfet d'Yssingeaux. Louis Napoléon,
devenu président de la République, le nommera préfet du Var en 1849, puis
préfet de la Seine le 24 juin 1853.
Haussmann, qui occupera cette fonction jusqu'en 1870, entreprendra un programme
de travaux de grande ampleur qui modifieront profondément le visage de la capitale.
Sa révolution bénéficiera du soutien inconditionnel de l'empereur Napoléon III,
malgré les nombreuses pressions hostiles. Son plan d'urbanisation entraînera le
percement de nombreux grands boulevards (de Sébastopol, de Strasbourg, Magenta,
Arago, Voltaire, Diderot, Cours de Vincennes, Malesherbes, Saint-germain,
Saint-michel), avenues (Kléber, Foch, Victor Hugo, Carnot, Niel, Friedland,
Iéna, George V) et rues (Rivoli, Soufflot, Réaumur, du Quatre Septembre, de
Rennes, Turbigo, des Ecoles) qui désengorgeront Paris. Les Grands Boulevards,
ouverts sous le règne de Louis XIV, seront considérablement élargies. Ce
programme entraînera l'expropriation et la démolition de nombreuses
constructions anciennes, parfois d'un grand intérêt historique et architectural,
et donnera naissance aux nombreux immeubles bourgeois qui caractérisent
aujourd'hui de nombreux quartiers.
Le baron Haussmann et l'ingénieur Eugène Belgrand doteront Paris d'égouts qui
faisaient cruellement défaut. Le réseau comptera 600 Km supplémentaires en
1878. La période sera également marquée par la construction de nouveaux
édifices (les Halles, les grandes gares, certains théâtres), l'aménagement de
parcs et jardins (Montsouris, Luxembourg, squares) et l'annexion des communes
d'Auteuil, de Passy, de Grenelle et Montmartre. Les bois de Vincennes et de
Boulogne seront réhabilités.
Haussmann devra quitter ses fonctions sous la pression des parlementaires,
juste avant la chute de l'Empire. Elu député de la Corse de 1877 à 1881,
Haussmann demeurera bonapartiste sous la troisième République. Il rédigera ses
Mémoires avant de décéder à Paris, en 1891.