
Jules
Favre, né
à Lyon le 21 mars 1809 et mort le 19 janvier 1880
Il
commença sa carrière comme avocat. À l'occasion de la révolution de 1830, il se
déclara ouvertement républicain et au cours de procès politiques il eut
l'occasion de le faire savoir
Après
que Louis Napoléon eut été élu Président de la République, il s'opposa à lui et
le 2 décembre 1851 il essaya avec Victor Hugo et d'autres d'organiser la
résistance armée dans les rues de Paris. Après la réussite du coup d'État, il
se retira de la politique et revint à sa profession d'avocat où il se distingua
en défendant Felice Orsini, qui avait organisé un attentat contre Napoléon III.
A
la nouvelle de la capitulation de Napoléon III à Sedan il exigea la destitution
de l'empereur. Dans le gouvernement de la Défense Nationale il devint
vice-président et ministre des Affaires étrangères sous la présidence du
Général Trochu, chargé de la tâche pénible de négocier la paix avec l'Allemagne
victorieuse. Il se révéla moins adroit comme diplomate qu'il l'avait été comme
orateur et commit plusieurs bévues irréparables. Sa déclaration célèbre du 6
septembre 1870, selon laquelle on ne cèderait à l'Allemagne « pas un pouce
de nos territoires, pas une pierre de nos forteresses » fut un morceau
d'éloquence auquel Bismarck répliqua le 19 en déclarant à Favre qu'il faudrait
céder l'Alsace et la Lorraine comme condition de paix.
Au
cours des négociations de paix, il dut tout céder à Bismarck. Il prit des
dispositions pour l'armistice du 28 janvier 1871 sans connaître la situation
militaire et sans consulter le gouvernement de Bordeaux. Par une grave
inadvertance il négligea d'informer Gambetta que l'armée de l'Est (80 000
hommes) n'avait pas été comprise dans l'armistice et elle fut ainsi obligée de
se réfugier en territoire neutre. Il ne montra aucune compétence diplomatique
pendant les négociations du traité de Francfort et ce fut Bismarck qui imposa
toutes les conditions.
