Le roman, rédigé à partir de septembre 1864, comporte de nombreux éléments
autobiographiques (tels la rencontre de Madame Arnoux, inspirée de la rencontre
de Flaubert avec Élisa Schlésinger). Il a pour personnage principal Frédéric
Moreau, jeune provincial de dix-huit ans venant faire ses études à Paris. De 1840
à 1851, celui-ci connaîtra l'amitié indéfectible et la force de la bêtise,
l'art, la politique, les révolutions d'un monde qui hésite entre la monarchie,
la république et l'empire. Plusieurs femmes [Rosanette, Mme Dambreuse]
traversent son existence, mais aucune ne peut se comparer à Marie Arnoux,
épouse d'un riche marchand d'art, dont il est éperdument amoureux. C'est au
contact de cette passion inactive et des contingences du monde qu'il fera son
éducation sentimentale, qui se résumera pour l'essentiel à brûler, peu à peu,
ses illusions.
Avec ce roman, modèle du réalisme dont il est l'inspirateur, Flaubert
dépeint avec justesse à la fois l'individu et la société. Les révolutions du
monde et celles du cour sont animées d'un seul mouvement, et l'histoire est
inscrite jusque dans les actions et pensées des personnages

