
«M. Patissot travailla mal, toute la semaine,
à son ministère. Il rêvait à l'excursion projetée pour le dimanche suivant, et
un grand désir de campagne lui était venu tout à coup. (.)
Il se coucha le samedi de bonne heure, et dès le jour il fut debout... Après
avoir chargé sur le dos son sac bourré de viande, de fromages et de bouteilles
de vin, il partit, sa canne à la main.»
M. Patissot, employé de bureau, voit son
existence bouleversée le jour où il apprend qu'il est menacé d'apoplexie s'il
ne s'adonne pas à l'exercice physique. Notre homme se lance alors fièrement à
l'assaut de la nature : excursions à la campagne, partie de pêche, canotage,
émois amoureux s'enchaînent... Et heureusement pour lui, contrairement à
l'apoplexie, le ridicule ne tue pas.
À travers les déboires de son personnage, publiés dans Le Gaulois du 31
mai au 18 août 1880, le jeune Maupassant jette un regard satirique sur la
société de son temps.
«Longtemps a prévalu au sujet de Maupassant
l'image toute faite d'un écrivain bon vivant, clair et plaisant. En fait, la
plupart de ses récits expriment la tristesse de la vie et la cruauté des
hommes.»
