Paul Cézanne (1839 - 1906) et E. Zola se connaissent depuis l'enfance. Ils ont fait leurs études dans le même lycée et battu la campagne provençale en échafaudant des rêves de gloire. Fils de banquier, Cézanne peint son midi natal sans se soucier des fins de mois. Néanmoins, il reste un peintre inconnu du grand public et marginal au regard de la peinture "officielle" du second empire, tandis que son ami, qui après avoir connu des années difficiles, rencontre le succès et la gloire. Zola, qui n'ignore pas le mal-être de "son frère", comme il l'appelle, l'encourage à peindre et lui prédit les dithyrambes de la critique. C'est en lisant "L'oeuvre", le quatorzième roman de la série des Rougon-Macquart - où le héros Claude Lantier est décrit comme un peintre insatisfait et incompris, qui finira par le suicide - que Cézanne, qui croit se reconnaître dans Claude comme un peintre raté, se brouille définitivement avec Zola.