
Georges Ernest Jean-Marie
Boulanger,
officier général français, né le 29 avril 1837 à Rennes et mort le 30 septembre
1891 à Ixelles en Belgique, est connu pour avoir ébranlé la Troisième
République, porté par un mouvement revanchard qui portera le nom de boulangisme.
En 1886, le
leader du parti radical Georges Clemenceau avait fait de cet officier à la
belle prestance un ministre de la Guerre. Le héros est applaudi à la revue du
14 juillet et chacun y va de sa chansonnette.
Par des mesures
peu coûteuses et d'un bel effet, comme de faire peindre les guérites en
tricolore, Boulanger ravive les espérances des ennemis de la République, des
citoyens déçus par le régime des partis et de tous ceux qui rêvent d'une
revanche militaire sur l'Allemagne, victorieuse en 1870.
Mais les qualités
morales et le sens politique de Boulanger ne sont pas à la hauteur de sa
popularité comme il ne tarde pas à le démontrer.
Le chancelier
allemand Bismarck ayant fait arrêter un commissaire de police français à la
frontière, le ministre tombe dans le piège de la provocation. Il en appelle à
une mobilisation partielle. Le président de la République Jules Grévy, inquiet
de la tournure des événements, se défait du gouvernement et démet Boulanger de
ses fonctions ministérielles le 18 mai 1887.
Le
général Georges Boulanger n'en devient que plus populaire. On ne l'appelle plus
que «brave général» ou «général Revanche».
Ses
partisans forment une troupe hétéroclite de mécontents, de la gauche radicale à
la droite bonapartiste ou monarchiste.
La
crise économique dans laquelle est plongé le pays depuis les années 1880
contribue à la popularité du général et au rejet de la gauche dite
«opportuniste» qui gouverne la France sans se soucier de réformes sociales. La
mise à jour du scandale des décorations, par lequel le gendre de Jules Grévy
aurait fait attribuer la Légion d'honneur à ses affidés, aggrave le discrédit
des institutions républicaines.
Le
poète Paul Déroulède, fondateur de la Ligue des Patriotes, et le journaliste
Henri Rochefort, marquis de Rochefort-Luçay, figurent parmi les plus chauds
soutiens de Georges Boulanger.
Dans
une tentative de se défaire du trop séduisant général, le gouvernement
l'expédie à Clermont-Ferrand. Le 8 juillet 1887, à la gare de Lyon où ses
admirateurs en délire tentent de le retenir, Boulanger doit monter à la
sauvette sur la locomotive.
Il
est enfin mis à la retraite des cadres de l'armée, ce qui lui permet de se
faire élire dans plusieurs départements dont Paris, le 27 janvier 1889, avec
l'appui financier de la duchesse d'Uzès, monarchiste et surtout héritière des
champagnes de la Veuve Clicquot.
La fin du boulangisme
Les
dirigeants de la IIIe République prennent la menace au sérieux... et ne veulent
pas gâcher les fêtes du centenaire de la Révolution, qui doivent consacrer le
triomphe de la République avec l'Exposition universelle et la Tour Eiffel.
Le
gouvernement fait courir le bruit d'une arrestation imminente du général.
Celui-ci, prenant son courage à deux mains, s'enfuit à Londres puis à
Bruxelles, où il va rejoindre sa chère maîtresse, Mme Marguerite de Bonnemains,
malade de la phtisie. Là s'achève son destin tandis que les leaders barbus de
la IIIe République poursuivent leurs petites affaires : scandale des
décorations, conquêtes coloniales, escroquerie de Panama, condamnation de
Dreyfus,...
Désormais
Boulanger accompagné de sa maîtresse Mme de Bonnemains vit en exil
en Belgique où on le trouve encombrant. Le 15 juillet 1891 Mme de
Bonnemains meurt de la phtisie et il se suicide d'un coup de revolver sur la tombe
de cette dernière au cimetière d'Ixelles le 30 septembre 1891.
À
l'annonce de la mort de Boulanger, Clemenceau dira de lui qu'«il est mort
comme il a vécu, en sous-lieutenant».