Le 14 octobre 1894, le Capitaine Alfred Dreyfus, officier
stagiaire à l'Etat Major, reçoit à son domicile une convocation lui enjoignant
de se présenter en "tenue bourgeoise" dans les locaux du Ministère de la Guerre.
Le lendemain, 15 octobre, Dreyfus est reçu sèchement par le commandant Du Paty
De Clam, officier à l'Etat Major. Ce dernier,
prétextant une douleur à la main, ordonne à Dreyfus d'écrire un billet à sa
place.
Quelques minutes plus tard, la sentence tombe : Alfred Dreyfus est
soupçonné d'avoir rédigé un bordereau à l'attention de l'ambassade d'Allemagne.
Ce bordereau intercepté par les services du contre-espionnage Français indique
que de "graves fuites" se sont produites au sein de l'Etat Major.
Dreyfus est
immédiatement arrêté et écroué à la prison du Cherche Midi. Après une parodie
d'instruction judiciaire menée par le Commandant d'Ormescheville, des
interrogatoires bâclés dirigés par le Commandant Du Paty de Clam et un procès à
huis clos, le 22 décembre Alfred Dreyfus est reconnu coupable, à l'unanimité,
par les juges du Conseil de Guerre et condamné à la déportation.
Le 5 janvier 1895 Dreyfus est dégradé dans la grande cour
de l'Ecole Militaire.
Le 12 mars "le condamné" arrive en Guyane. Il est
transféré à l'Ile du Diable le 13 avril 1895





